METS CUITS PAR UNE EMPLOYÉE DE MAISON ÉTRANGÈRE

Rav Eliézer Melamed

Question : nous avons été obligés d’engager une employée étrangère au service de ma mère, qui habite chez nous et n’est pas autonome. Mon père, qui est valide, vit également chez nous. L’employée s’occupe d’entretien ménager et prépare de la nourriture, pour elle-même et pour ma mère. Est-il également permis à mon père et à nous-mêmes de manger des mets qu’elle cuit ? Si la chose est interdite, les ustensiles dans lesquels elle a cuisiné sont-ils cachères pour nous, ou bien faut-il les cachériser par échaudage ?

 

Statut des aliments

 

Lorsqu’il est certain que les aliments sont cachères, il suffit, pour que ne s’applique pas eux l’interdit rabbinique frappant les plats cuits par des non-Juifs, de veiller à ce qu’un Juif prenne part à la cuisson. Par exemple, si votre père pose la marmite sur le feu, ou s’il allume le feu sous la marmite, le plat sera cachère suivant toutes les opinions. Par contre, le seul fait d’allumer le feu avant d’y placer la marmite n’est pas suffisant, selon la coutume séfarade, quoique cela soit suffisant selon la coutume ashkénaze (Choul’han ‘Aroukh, Yoré Dé’a 113, 7 ; Pniné Halakha – Cacheroute 28, 8). Si l’employée a cuisiné seule, votre mère, qui est malade dépendante, peut en manger en cas de nécessité pressante (ibid. 28, 10).

 

Statut des ustensiles

 

Si l’employée a cuit seule les aliments, de sorte que les mets qui ont été cuisinés dans les ustensiles ne sont pas cachères, les ustensiles restent cachères. Certes, les décisionnaires sont partagés quant au fait de savoir si des ustensiles dans lesquels des non-Juifs ont fait cuire leurs mets requièrent une cachérisation. Certains estiment que cela n’est pas nécessaire, car le simple goût absorbé par les parois de l’ustensile n’est pas de nature à favoriser un rapprochement avec la personne de l’employée (Roch, Rabbi Aaron Halévi). D’autres pensent qu’il faut cachériser l’ustensile, puisque l’on a bien affaire, en pratique, à un mets cuit par une personne non juive (Rachba, Ran). C’est en ce dernier sens que tranchent la majorité des A‘haronim (Pniné Halakha – Cacheroute 28, 11). Il faut toutefois, dans le cas présent, associer à la question l’avis de certains décisionnaires, qui estiment que le statut de « mets cuits par des non-Juifs » ne s’applique pas aux mets qu’un salarié cuisine dans une maison juive (ibid. 28, note 10) ; et quoique l’on n’adopte point leur opinion, il y a lieu d’être indulgent dans le cas que vous soulevez, puisque nous nous trouvons en présence de la combinaison de deux doutes (sfeq sfeqa) dans le cadre d’une règle rabbinique.

 

Traduction : Jean-David Hamou


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