Cachérisation de la cuisine à l’approche de Pessa‘h

Les ustensiles de cuisine se cachérisent sur le mode même de l’usage qui en a été fait, que le goût absorbé provienne d’un aliment constamment interdit ou de ‘hamets * Le principe essentiel, en cette matière, est : « de même que l’ustensile absorbe, ainsi rejette-t-il » * Le but du nettoyage domestique est qu’il ne reste pas de ‘hamets d’un volume de kazaït * S’agissant de la cuisine et de ses ustensiles, en revanche, le but est qu’il ne reste pas la moindre présence de ‘hamets * On nettoie bien le plan de travail et l’évier, puis on y verse de l’eau bouillante * En raison de la sévérité de l’interdit de ‘hamets, on a coutume de cachériser la grille de la cuisinière à gaz par chauffage à blanc léger * Le réfrigérateur s’utilise à froid, de sorte que sa cachérisation se fait par simple nettoyage.

 

Principe de la cachérisation : « de même que l’ustensile absorbe, ainsi rejette-t-il »

 

Le principe essentiel, en matière de cachérisation des ustensiles de cuisine – tant dans le cas où ils ont été mis en contact avec de la nourriture interdite, dans le courant de l’année, que dans celui où ils ont contenu du ‘hamets – s’exprime par cette formule : kevol‘o, kakh polto (« de même qu’il absorbe, ainsi rejette-t-il »). En d’autres termes, il faut cachériser l’ustensile par le moyen même qui lui a fait contracter le goût de l’aliment interdit ou du ‘hamets. Il existe trois formes d’absorption. 1) Par le feu ; cela requiert cachérisation par chauffage à blanc intégral (liboun ‘hamour). 2) Par du liquide chaud ; la cachérisation se fait par immersion dans l’eau bouillante (hag‘ala). En cela même, il existe des degrés, selon que : a) l’ustensile ayant contracté le goût interdit était un « ustensile premier » (keli richon) posé sur le feu ; b) qu’il s’agissait d’un ustensile premier hors du feu ; c) d’un cas de transvasement effectué à partir d’un ustensile premier (‘érouï mi-keli richon) ; d) ou encore d’un « ustensile second » (keli chéni), c’est-à-dire l’ustensile dans lequel a été transvasé le contenu du keli richon. 3) Le cas d’un contact avec du liquide qui n’est pas chaud : en ce cas, il suffit de nettoyer l’ustensile à l’eau froide pour le cachériser.

 

Ustensile ayant connu deux types d’utilisation

 

Si une louche a parfois absorbé du ‘hamets par le biais d’un « ustensile premier » posé sur le feu, et d’autres fois par le biais d’un « ustensile second », le mode de cachérisation dépendra de son utilisation la plus intense : en l’occurrence, la cachérisation se fera par le biais d’eau bouillante placée sur le feu. Toutefois, quand la chose est difficile, ou susceptible de causer un dommage, on va d’après l’utilisation majoritaire de l’ustensile. Par exemple, si une fourchette est généralement utilisée dans un « ustensile premier » ou « second » – dont la cachérisation se fait à l’eau bouillante –, et qu’on la plante parfois dans un mets qui est au four – où l’imprégnation se fait par le biais du feu –, on pourra se contenter d’appliquer la stricte règle halakhique en cachérisant la fourchette suivant son usage majoritaire, à l’eau bouillante, puisque le chauffage à blanc risquerait de la détériorer (cf. Pniné HalakhaLes Lois de Pessa‘h 10, 7).

 

Nettoyage de la maison

 

Il y a une différence fondamentale entre le nettoyage domestique général en vue de Pessa‘h et le nettoyage spécifique de la cuisine. S’agissant du nettoyage domestique, le but est qu’il ne reste pas chez soi de morceau de ‘hamets d’une mesure d’un kazaït (volume de la moitié d’un œuf, environ), afin de ne pas enfreindre, par sa présence, l’interdit de bal yéraé (« il ne sera pas vu chez toi de ‘hamets ») et de bal yimatsé (« il n’en sera pas trouvé »). Avec le nettoyage de la cuisine et de ses ustensiles, en revanche, le but est qu’il ne reste pas la moindre présence de ‘hamets, de crainte que celui-ci ne se mêle avec les aliments de Pessa‘h. En effet, tirer jouissance du ‘hamets à Pessa‘h est interdit, même en quantité infime. Et quand il s’agit des ustensiles par lesquels on cuisine, il ne doit pas non plus rester le moindre goût de ‘hamets, qui se serait attaché à leurs parois et y aurait été absorbé.

 

Plan de travail et évier

 

On nettoie bien le plan de travail et l’évier, puis on y verse de l’eau bouillante. Il est pratique de faire cette tâche à l’aide d’une bouilloire. Il faut veiller à ce que l’évier et le plan de travail soient secs avant qu’on y verse l’eau bouillante. En effet, s’ils sont mouillés, l’eau qui s’y trouve refroidira quelque peu l’eau bouillante. Par conséquent, il est bon de verser l’eau sur le fond de l’évier, en premier lieu, puis sur les parois, puis sur les parties du plan de travail qui sont proches de l’évier, enfin sur les parties plus éloignées. De cette façon, l’eau s’écoulera dans l’évier cachérisé, non vers des parties non encore cachérisées.

Au lieu de verser de l’eau bouillante, on peut recouvrir le plan de travail de toile cirée ou de papier aluminium épais, et installer dans l’évier un bac d’évier amovible en plastique, ou le recouvrir de papier aluminium épais. Ceux qui apportent à leur pratique un supplément de perfection ont coutume de nettoyer l’évier et le plan de travail, d’y verser de l’eau bouillante, puis de les recouvrir (Les Lois de Pessa‘h 11, 1). Quand le plan de travail est délicat et que l’on n’y dépose jamais de marmites brûlantes, on peut le cachériser a priori par nettoyage suivi d’un jet d’eau bouillante, sans qu’il soit besoin – même pour ceux qui recherchent un plus haut degré de perfection dans leur pratique – de le recouvrir de toile cirée ou de papier aluminium.

 

Cachérisation de la cuisinière à gaz

 

Dans le courant de l’année, on a l’habitude d’utiliser la même grille-support pour les marmites carnées et lactées, car, même s’il déborde un peu de nourriture carnée ou lactée sur ladite grille, nous estimons que le feu qui y règne brûle et dénature ce qui s’est renversé. Mais à l’approche de Pessa‘h, en raison de la sévérité de l’interdit de ‘hamets, on a l’usage de cachériser la grille par chauffage à blanc léger (liboun qal, qui consiste à chauffer l’ustensile au feu jusqu’à ce que, si l’on dépose sur l’envers de l’ustensile un brin de paille ou un fil, celui-ci brûle, en raison de l’intensité de la chaleur). En cas de nécessité pressante, on peut se contenter d’accomplir le liboun qal par un nettoyage de la grille sur place, et par une activation de toutes les flammes pendant un quart d’heure. En plus du chauffage à blanc léger, ceux qui apportent à leur pratique un supplément de perfection recouvrent de papier aluminium la structure métallique sur laquelle on dépose les marmites. A posteriori, si l’on n’a pas chauffé à blanc la grille, et que l’on ait cuisiné sur elle pendant Pessa‘h, la nourriture est cachère (à l’instar de l’usage en cours pendant l’année, à l’égard du carné et du lacté). S’agissant des autres parties métalliques, qui n’entrent pas en contact avec les marmites, ainsi que de la surface d’émail qui est sous la grille, et des brûleurs à gaz, on les nettoie bien (Les Lois de Pessa‘h 11, 2).

 

Plaques électriques et vitrocéramiques

 

Plaques électriques : on les nettoie bien, puis on porte les feux à la chaleur maximale pendant environ un quart d’heure.

Plaques vitrocéramiques : la surface sur laquelle on pose les marmites ressemble à du verre opaque. Cette surface chauffe par l’électricité, et réchauffe les marmites et casseroles que l’on y pose. Là encore, s’applique le principe qui veut que le mode d’expulsion soit semblable au mode d’absorption (kevol‘o kakh polto) : on cachérise donc ces plaques en les nettoyant bien, puis en les portant à la chaleur maximale pendant environ un quart d’heure.

 

Plaques à induction

 

Contrairement aux plaques vitrocéramiques (où la plaque elle-même devient chaude et transmet la chaleur au récipient), dans les plaques à induction la chaleur est produite directement dans le récipient sous l’effet d’un champ magnétique ; de là, elle se propage dans le mets que le récipient contient, et se transmet à la surface sur laquelle il est placé. Or du ‘hamets est susceptible d’être absorbé dans la plaque de cuisson, lorsque de la nourriture déborde de la marmite et s’y répand ; de plus, une partie de cet écoulement reste attachée au-dessous de la marmite, et continue de chauffer avec elle. Par conséquent, la cachérisation de ces plaques se fait par nettoyage puis échaudage ; et pour extraire des plaques les résidus alimentaires qui ont débordé et se sont attachés sous les marmites, on humectera d’eau le dessous des marmites – vides et propres –, et l’on fera chauffer celles-ci à vide sur les plaques pendant environ un quart d’heure, conformément au principe de parallélisme entre le mode d’absorption et le mode de rejet.

 

Cachérisation du four

 

On nettoie bien le four, puis on le met en marche à chaleur maximale pendant une demi-heure. A priori, on suit l’opinion rigoureuse, selon laquelle on ne cachérise pas les plateaux de cuisson du four, car, suivant cette opinion, le chauffage à blanc doit atteindre la température de 400 degrés, ce qui risque de déformer les plateaux et de nuire à leur aspect. Par conséquent, si l’on n’a pas de plateaux de cuisson réservés à Pessa‘h, on pourra utiliser des moules ou barquettes à usage unique. En ce cas, on cachérisera la grille de cuisson avec le four, afin d’y déposer les moules jetables (ibid. 11, 3). En cas de nécessité, on pourra cachériser les plateaux de cuisson en portant le four à la température à laquelle ces plateaux sont utilisés au cours de l’année, ce pendant une demi-heure, et s’appuyer alors sur les décisionnaires indulgents. Selon ces derniers, il n’est pas nécessaire de chauffer à blanc les ustensiles à la température de 400 degrés, et il suffit de les chauffer à la température à laquelle ils ont été utilisés (Les Lois de Pessa‘h 10, 5).

 

Four à pyrolyse

 

Les fours qui se nettoient à la température de 500 degrés n’ont pas besoin d’être nettoyés avant leur cachérisation, car le nettoyage à un tel degré de chaleur est considéré comme un chauffage à blanc intégral ; cela est suffisant pour cachériser le four à l’approche de Pessa‘h.

 

Barbecue (gril)

 

On cachérise la cuve du barbecue ainsi que sa grille suivant leur mode d’utilisation, c’est-à-dire que l’on procède à un chauffage à blanc intégral. S’il s’agit d’un barbecue à gaz, on le portera à température maximale ; s’il fonctionne au charbon, on mettra la quantité maximale de charbon habituellement employée.

 

Four à micro-ondes

 

Pour cachériser un four à micro-ondes, on suit les trois étapes suivantes. 1) On le nettoie bien de tous les résidus alimentaires qui subsistent en raison des débords ou de la condensation. 2) Pour cachériser le four des vapeurs et de la condensation de ‘hamets, conformément au principe kevol‘o, kakh polto, on y réchauffe, à puissance maximale, une coupelle d’eau pendant environ dix minutes. 3) Puisqu’il est à craindre que quelque aliment ‘hamets n’ait débordé sur l’assiette rotative, on nettoie celle-ci et on l’échaude à l’eau bouillante ; ou bien on dépose un élément formant écran entre l’assiette et les mets que l’on fera chauffer à Pessa‘h (Pniné Halakha, Les Lois de Pessa‘h 11, 5).

 

Lave-vaisselle

 

On nettoie le filtre, car il est fréquent que des résidus alimentaires y soient retenus. Puis, conformément au principe kevol‘o, kakh polto, on met ensuite en marche le lave-vaisselle à température maximale, avec ses bacs et paniers. De cette façon, le lave-vaisselle est cachérisé.

 

Table à manger

 

Les tables d’aujourd’hui sont délicates, et il n’est pas habituel d’y poser des plats brûlants ni des marmites bouillantes. La cachérisation se fait donc suivant leur utilisation majoritaire, par un bon nettoyage. Toutefois, puisque la table reçoit parfois des projections de sauce ‘hamets bouillante, et puisqu’il arrive qu’on y dépose des plats chauds, il est bon d’être plus exigeant à l’occasion de Pessa‘h, en ne mangeant pas sur la table sans y avoir mis de nappe : celle-ci fera écran entre la table et la nourriture.

Certains embellissent leur pratique en collant sur leur table une sous-nappe de plastique ou de papier, de crainte que la nappe ne bouge. Grâce à cela, on crée une séparation fixe, au-dessus de laquelle on étend la nappe. S’il s’agit d’une table sur laquelle on pétrit parfois de la pâte, il est obligatoire d’y coller une séparation fixe. Et si l’on ne pose jamais d’aliments ‘hamets chauds sur cette table, et que l’on n’y pétrisse pas non plus de pâte, il suffit de la bien nettoyer, et il n’est pas nécessaire de la recouvrir (ibid. 11, 6).

 

Réfrigérateur

 

Puisque le réfrigérateur s’utilise à froid, la seule crainte est qu’il y reste des miettes de ‘hamets ; par conséquent, sa cachérisation se fait par nettoyage à froid. Quant aux rainures qu’il est difficile d’atteindre, et où il est à craindre que des miettes de ‘hamets soient coincées, on les nettoie avec de l’eau savonneuse ou quelque autre produit nettoyant, afin d’altérer les miettes qui, peut-être, s’y trouvent, de manière à ce qu’elles ne soient pas même dignes d’être mangées par un chien. Dès lors qu’un chien même n’en voudrait pas, le statut de ‘hamets ne s’applique plus à de telles miettes.

 

Placards de cuisine

 

Quand les étagères des armoires étaient en bois naturel, il s’y trouvait fréquemment des fentes, et il était difficile de bien les nettoyer de toute trace de ‘hamets. Aussi avait-on coutume de les recouvrir de papier. Mais quant aux étagères lisses, comme celles que nous avons, il n’est pas à craindre que du ‘hamets y reste. Aussi suffit-il de bien les nettoyer, et il n’est pas nécessaire de les recouvrir.

 

Cachérisation des couverts

 

Puisqu’il arrive qu’on les introduise dans un « ustensile premier » placé sur le feu, il faut cachériser les couverts par échaudage à l’eau bouillante. On peut faire cela lors d’un échaudage public (hag‘ala tsibourit), ou bien encore à la maison. En ce dernier cas, il faut prendre une grande marmite propre – qu’elle soit destinée au ‘hamets ou cachère pour Pessa‘h. On y fait bouillir de l’eau, dans laquelle on met un peu de savon liquide afin d’altérer son goût. Puis on introduit dans l’eau bouillante tout ustensile que l’on veut cachériser, pendant environ trois secondes. A priori, on a coutume de rincer les ustensiles à l’eau froide immédiatement après leur échaudage ; mais il n’est pas nécessaire de se donner de la peine à cette fin. Quand un ustensile ne peut être introduit entièrement dans l’eau bouillante, on peut échauder d’abord une première moitié, puis l’autre (ibid. 10, 11).

 

Cachérisation des casseroles et des marmites

 

On ne saurait cachériser une casserole ou une marmite en y faisant simplement bouillir de l’eau, car il est vraisemblable que, dans le courant de l’année, quelque mets ‘hamets en ait débordé, ou ait giclé sur son rebord, de sorte que le goût du ‘hamets aura été absorbé et se sera attaché à sa paroi, y compris à sa bordure supérieure. Or la bordure de la marmite ou de la casserole n’est point cachérisée par l’eau qui bout à l’intérieur. Par conséquent, l’échaudage d’un tel ustensile doit se faire au sein d’une marmite plus grande, dans laquelle on puisse l’immerger entièrement.

Quand il est possible de démonter les anses ou poignées des marmites et casseroles, certains, soucieux d’apporter un supplément de perfection à leur pratique, les démontent et les nettoient. On peut, au lieu de cela, nettoyer le contour des anses ou poignées avec beaucoup de liquide vaisselle, au point que le goût qui, peut-être, se trouvait encore dans les interstices soit certainement altéré. Puis on échaudera l’ustensile. Quand une casserole possède un rebord replié (ou bord roulé), cela ne requiert pas de traitement particulier.

Quand on ne dispose pas d’un grand ustensile, dans lequel on puisse échauder toute la marmite, il faut remplir celle-ci d’eau, que l’on porte à ébullition ; parallèlement à cela, on fait bouillir de l’eau dans un petit ustensile, et quand l’eau contenue dans la marmite bout, on y introduit le petit ustensile : sa présence aura pour effet que, d’un seul coup, beaucoup d’eau bouillante se renversera sur la paroi extérieure de la marmite, ce par quoi la bordure sera échaudée. Autre possibilité : faire bouillir, en parallèle, de l’eau dans une bouilloire ; quand l’eau contenue dans la marmite commencera à bouillir, on versera de l’eau bouillante de la bouilloire vers la marmite. De cette façon, l’eau bouillante de la marmite débordera et cachérisera sa bordure.

Le couvercle des casseroles et marmites doit être échaudé dans un ustensile plus grand, ou cachérisé par chauffage à blanc léger, à la manière d’une poêle sur feu doux pendant deux minutes, en plaçant la face intérieure du couvercle vers le feu. Par ailleurs, il faudra nettoyer soigneusement à l’aide de liquide vaisselle les poignées de la marmite, puis y verser de l’eau bouillante (ibid. 10, 12 ; 10, 9).

 

Poêles

 

On les nettoie bien, et on les cachérise par chauffage à blanc léger (liboun qal). En d’autres termes, on chauffe la poêle sur le feu d’une cuisinière à gaz, à la température à laquelle il est habituel de l’utiliser pour y faire frire de la nourriture (ibid. 10, 4-5).

 

Ustensiles en verre

 

De nombreux Séfarades ont adopté la position des décisionnaires indulgents, d’après lesquels il suffit de cachériser le verre par simple nettoyage à froid. De nombreux Ashkénazes ont coutume de ne pas cachériser du tout les ustensiles de verre. En pratique, cependant, il semble que la position principale, en halakha, soit la médiane : selon elle, le statut des ustensiles de verre est semblable à celui des ustensiles métalliques, qui se cachérisent par échaudage. Ceux dont la famille avait coutume d’être indulgente peuvent continuer à observer cette coutume. Quant à ceux dont la famille avait coutume d’être rigoureuse, il conviendra qu’ils perpétuent cette coutume (ibid. 11, 12).

 

Ustensiles divers

 

Plaque chauffante (plata) de Chabbat : on la nettoie bien, puis on la met en marche à chaleur maximale pendant une heure. Certains observent une rigueur supplémentaire : ils recouvrent la plaque de papier aluminium afin de créer une séparation entre elle et les marmites de Pessa‘h (ibid. 11, 4).

Chauffe-eau (mé‘ham) de Chabbat et bouilloire (koumkoum) : on a coutume de les cachériser par échaudage (hag‘ala), de crainte que des miettes de ‘hamets n’y soient tombées. À cette fin, on les remplit d’eau autant que possible, et l’on porte cette eau à ébullition comme il est d’usage tout au long de l’année ; puis on verse une partie de cette eau par le robinet ou par le bec verseur destiné au service. Il est bon de nettoyer au préalable le chauffe-eau ou la bouilloire pour en ôter le tartre qui s’y est accumulé. Lorsque le couvercle est en métal et que l’on a l’usage d’y poser des ‘halot (pains tressés) pour les réchauffer avant le repas sabbatique, il convient de cachériser également ce couvercle par échaudage à l’eau bouillante.

Machine à café : on la nettoie, puis on la remplit d’eau, que l’on fait chauffer, comme à l’ordinaire, à puissance maximale.

Coupes en argent : on a coutume de les cachériser par hag‘ala dans une marmite d’eau bouillante, de crainte qu’un goût de ‘hamets n’y ait été absorbé au contact d’une boisson alcoolisée, ou d’un vin fort. Toutefois, puisqu’il s’agit d’une crainte lointaine, on pourra se contenter, en cas de nécessité, de les rincer soigneusement, conformément à leur usage majoritaire.

Biberons, tétines de bébés : il est bon d’en changer à l’approche de Pessa‘h. En cas de nécessité, on peut les cachériser en les nettoyant, puis en les ébouillantant.

 

Prothèses dentaires, appareils dentaires, bagues orthodontiques

 

On les nettoiera soigneusement avant l’entrée en vigueur de l’interdit du ‘hamets. Il n’est pas nécessaire de les cachériser par hag‘ala, puisqu’il n’est pas habituel d’introduire dans la bouche des aliments ou boissons brûlants. De même que l’on consomme, par leur biais, des aliments carnés et lactés en se contentant d’un simple nettoyage, ainsi peut-on les utiliser à Pessa’h.

Plaise à Dieu que, en éliminant le ‘hamets de tous nos ustensiles, nous ayons le mérite de nous délivrer de toute idée préconçue, de toute vaine « conception », qui entravent notre progression dans l’étude de la Torah et la pratique des mitsvot, dans le peuplement du pays et le rassemblement des exilés. Puissions-nous mériter la Délivrance, bientôt et de nos jours.

 

Traduction : Jean-David Hamou


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