Quels que soient les résultats du processus politique, ce qui est clair à l’heure actuelle, c’est que l’héroïsme dont ont fait preuve les combattants de l’armée de terre consiste dans notre principale victoire @ L’interdiction d’accepter la charité des non-Juifs est bien plus grave quand des ministres ou des chefs d’Etat entrent en jeu, car dans ce cas le prestige d’Israël est affecté et l’exil se prolonge @ L’aide américaine destinée aux acquisitions de matériel militaire est passée de bénéfique à encombrante pour l’Etat d’Israël, c’est pourquoi nous devons informer les Américains qu’à partir de l’année prochaine, nous y renoncerons
L’année 5785 (2025), le PIB annuel d’Israël a été d’environ 583 milliards de dollars, l’aide américaine annuelle de 3.8 milliards de dollars, de sorte qu’elle n’en représente que 0.65 %. Il est relativement aisé de renoncer à une telle somme. Pour donner un ordre d’idée, rien que pour affronter la crise du corona, l’Etat d’Israël a dû ajouter à son budget de base près de 50 milliards de dollars. Quant à la guerre qu’il a fallu affronter, la majoration budgétaire a avoisiné les 75 milliards de dollars.
Les sentiments sont mitigés. Avec l’aide de D., nous avons pu assister au retour de certains otages en vie, mais nous ignorons encore quelle sera l’issue de la guerre. Que va-t-il y se passer à Gaza? Y aura-t-il des conséquences politiques? Ce qui est clair pour l’instant, c’est que l’héroïsme des soldats de notre armée de terre, qui ont risqué leur vie pour la défense du peuple et du pays, représente notre principale victoire. Des centaines de millions d’ennemis, qui ont pris la relève du nazisme, n’ignoraient pas que nous disposons d’une technologie défensive de pointe, et d’une armée de l’air perfectionnée, mais ils pensaient que notre esprit combattif s’était affaibli, que nous n’avions plus la force de nous battre, de sorte qu’ils s’imaginaient qu’en persévérant, ils parviendraient à détruire l’Etat d’Israël et à assassiner les Juifs. Même les dirigeants d’Israël avaient craint que la société israélienne ne serait pas suffisamment résiliente pour résister à la guerre. Les civils et les soldats qui se sont mobilisés spontanément pour défendre leurs frères, à Sim’hat Torah, il y a deux ans, les soldats qui, dans leur sainteté, ont été tués ou blessés, ont apporté un souffle de vie et renforcé l’ensemble de notre nation, et c’est grâce à eux que le peuple d’Israël vit et existe. Les réservistes qui, encouragés par leurs proches, ont servi pendant des centaines de jours, les soldats combattants de l’armée régulière qui se sont battus durant de longues périodes sur le front, ce sont eux qui ont renforcé notre moral et ont restauré notre réputation. C’est d’eux que viendra l’avènement de notre délivrance. Espérons qu’ils donneront naissance à une nouvelle génération de dirigeants, qui feront progresser Israël dans les domaines de la sécurité et de l’éducation, de l’installation et de l’absorption, de la société et de l’économie, du droit et de la politique étrangère.
Renoncer à la subvention américaine annuelle
La société israélienne dans son ensemble est appelée à une prise de conscience. Il semble que l’une des réparations les plus nécessaires doit consister dans le renoncement à cette subvention de 3.8 milliards de dollars que l’Etat d’Israël reçoit des Etats-Unis chaque année. Plus de 80% de cette subvention sont consentis à condition que nous achetions pour cette somme des avions américains, des armes et des systèmes de défense antimissiles. Comme nous allons le clarifier par la suite, ce refus est exigé par la halakha, ce qui est par ailleurs compréhensible sur le plan de la logique.
L’interdiction d’accepter la charité des nations pour cause de profanation du Nom
Il est interdit à un Juif d’accepter la charité d’étrangers car cela implique une profanation du Nom. Il faut éviter que les nations se disent : «Comme ils sont méprisables, ces Juifs, et comme leur religion est méprisable! Ils ne s’occupent pas de la pitance de leurs pauvres, et il faut que ce soient des membres d’autres nations qui les nourrissent» (Choulhan Aroukh Yoré Déa, 254, 1 ; Chakh, Taz et Levouch 1).
Nos Sages nous enseignent par ailleurs (Traité Sanhédrin 26b), que celui qui transgresse cette interdiction et accepte la charité d’un étranger en public n’est pas autorisé à témoigner, car étant donné qu’il a fauté en profanant le Nom pour l’amour de l’argent, il est à craindre qu’il mente dans son témoignage, car il pourrait avoir été soudoyé (Rachi). En outre, puisqu’il a été capable de se dégrader en acceptant la charité d’un étranger, il est à craindre qu’il accepte de se dégrader par un faux témoignage (Maïmonide Témoignage 11, 5).
Nos Sages ont établi également : «Depuis que sont devenus nombreux ceux qui acceptent la charité des idolâtres, Israël s’est retrouvé en bas et les étrangers en-haut, Israël derrière, et les étrangers devant (Traité Sotta 47b ; dans la Guemara le propos est apporté sous la forme d’une litote)».
Le dessein d’Israël est d’apporter la bénédiction aux nations et non pas d’accepter leurs dons
Le dessein d’Israël est de suivre les voies de l’Eternel, dans le respect de la justice et du droit, et de mériter sa bénédiction, et, à partir de là, de faire déborder la bénédiction sur toutes les nations, comme il est dit : «L’Eternel dit à Abram : “Va pour toi de ton pays et de ta patrie et de la maison paternelle ver le pays que je te montrerai. Et je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai et t’accorderai un grand nom et tu seras bénédiction.”» (Genèse 12, 1-3). Il est annoncé également à Abraham Avinou, suite à la ligature d’Yitzhak : «Toutes les nations de la terre seront bénies par ta descendance, car tu as écouté ma voix» (Genèse 22, 18). Cette promesse est répétée à Yitzhak Avinou : «En ta descendance seront bénis tous les peuples de la terre» (Genèse 26, 4) ; puis à Ya’acov Avinou : «La terre sur laquelle tu es allongé, je te la donnerai, à toi et à ta descendance. Et ta descendance sera telle la poussière de la terre, et tu t’étendras vers l’Ouest, l’Est, le Nord et le Sud, et toutes les familles de la terre seront bénies par toi et ta descendance» (Genèse 28, 13-14).
Accepter la charité des nations retarde la délivrance
Nos Sages disent (Traité Baba Batra 10b) que lorsqu’Israël accepter la charité des nations, celles-ci s’enorgueillissent vis-à-vis d’Israël et le méprisent. Elles se renforcent dans le maintien de leur habitude d’assujettir Israël. C’est pourquoi, les Juifs qui acceptent la charité de leur part provoquent le maintien de l’exil et retardent la délivrance, comme il est dit : «Le branchage, une fois devenu sec, sera brisé, et des femmes viendront y mettre le feu – parce que c’est un peuple inintelligent ; aussi son Auteur sera pour lui sans clémence, et son Créateur ne lui fera point grâce» (Isaïe 27, 11). Cela signifie que lorsque les mérites des nations qui assujettissent Israël se dessécheront et n’auront plus d’effets, celles-ci seront telle la paille qui se brise et s’enflamme facilement, et Israël sera d’elles libéré. Mais quand Israël se conduit sans intelligence et accepte d’elles la charité, alors les mérites des nations s’intensifient, et elles continuent à assujettir Israël, de sorte que l’Eternel ne le prend plus en pitié pour le délivrer.
L’interdiction est d’autant plus grave que les dons proviennent de dirigeants et d’Etats
Si l’acceptation de la charité par des personnes isolées diminue le prestige d’Israël et prolonge l’exil, il en est ainsi à plus forte raison quand cette charité est acceptée des mains de dirigeants et d’Etats. Ce n’est que lorsque ce refus risque de mettre Israël en péril, et pour préserver la «paix des autorités», qu’il est permis d’accepter. Comme le relate le Talmud (Baba Batra 10b), au sujet d’Ifra Hormizd, la mère du roi de Perse, qui avait envoyé à Rabbi Ami quatre cents dinars afin qu’il les distribuât à des pauvres. Mais bien qu’elle fût réputée pour sa vertu, du fait qu’elle était la mère d’un roi qui avait assujetti Israël, Rabbi Ami refusa ce don. Elle envoya alors cet argent à Raba qui accepta. Le fait fut rapporté à Rabbi Ami qui en voulut à Raba, pour avoir accepté de nourrir les pauvres d’Israël en accepter la charité d’étrangers sans craindre de provoquer le prolongement de l’exil, comme il est dit : «Le branchage, une fois devenu sec, sera brisé, et des femmes viendront y mettre le feu» (Isaïe 27, 11).
Néanmoins, la Guemara rapporte que Raba avait accepté en raison de la bonne entente avec le pouvoir. Car s’il avait refusé, ils auraient pu en tenir rigueur à Israël. Par la suite, sans qu’Ifra Hormizd le sût, il distribua cet argent à des pauvres étrangers. Ce n’était pas un acte malhonnête vis-à-vis d’elle, car il était connu qu’Israël nourrissait les pauvres étrangers en même temps que les pauvres d’Israël (Traité Guitin 61a, Rachi Baba Batra 11a, locution : «ce n’est pas»). Mais celui qui avait rapporté à Rabbi Ami que Raba avait accepté l’argent de la charité d’Ifra Hormizd, n’acheva pas son récit en précisant que Raba se souciait aussi des besoins des pauvres étrangers.
Toutefois, à une autre occasion, Ifra Hormizd envoya à Rav Yossef une importante somme d’argent en lui demandant de s’en servir pour réaliser une «grande mitsva». Par conséquent, Rav Yossef ne put se permettre d’employer cet argent pour faire l’aumône à des pauvres étrangers, car il aurait détourné le sens de la grande mitsva dont il était chargé, et il aurait en effet fauté par duperie (Traité Houlin 94a). Par conséquent, Rav Yossef utilisa cet argent pour le rachat de prisonniers juifs, ce qui représente une grande mitsva (Baba Batra 8a ; Tossaphistes loc. «il fera bien»).
S’il n’y a pas le choix, il est permis d’accepter la charité des non-juifs
L’interdiction d’accepter la charité des non-juifs est de rigueur à condition que le pauvre concerné puisse se nourrir même difficilement en se passant de cette aide. Mais s’il risque de ne pas pouvoir subsister, il lui est permis d’accepter de tels dons discrètement. Mais si on ne lui fait pas la charité dans la discrétion, et qu’aucun Juif ne puisse le prendre en charge, alors il est autorisé à accepter même publiquement, sans renoncer à sa qualité de témoin le cas échéant, étant donné qu’il agit dans un cas de force majeure (Maïmonide id. Cadeaux pour les pauvres 8, 9 ; Choulhan Aroukh 254, 1, Richon Letsion, Aroukh Ha-Choulhan).
Est-il vraiment indispensable de toucher cette subvention ?
Quand l’Etat d’Israël était pauvre et faible, cette subvention était incontournable, et il nous était permis de l’accepter, puisqu’en cas de force majeure, on peut bénéficier de la charité. Cependant, entretemps, les années ont passé et dans un processus échelonné, l’Etat d’Israël est devenu un pays riche. En fait, cela fait trente ans qu’il est permis de se demander si nous étions encore dans une situation qui ne nous laissait pas le choix.
En 5750 (1990), le PIB d’Israël s’élevait déjà à environ 61 milliards de dollars, tandis que l’aide américaine, d’un montant de 3 milliards de dollars, représentait alors 5% du PIB.
En revanche, aujourd’hui, il est clair que ce n’est plus indispensable. En 5780 (2025), le PIB annuel d’Israël s’élevait à 583 milliards de dollars, et l’aide annuelle à 3.8 milliards de dollars, de sorte qu’elle n’en représente plus que 0.65%. Il est donc relativement facile d’y renoncer. Pour donner un ordre de grandeur, la crise du corona a exigé une augmentation du budget de base de près de 50 milliards de dollars, tandis que la guerre en a demandé 75.
Quiconque reçoit la charité indûment finit par en avoir besoin
Nos Sages ont dit dans la Michna que celui qui se fait passer pour un pauvre et profite de l’argent de la charité, est châtié et devient pauvre, de sorte qu’il en a besoin : «Quiconque n’a pas besoin de se servir et se sert ne quitte pas ce monde sans avoir besoin des créatures… Et quiconque n’est ni estropié ni aveugle ni boiteux mais se fait passer pour l’un d’eux (afin qu’on lui fasse l’aumône) ne meurt pas de vieillesse avant de devenir l’un d’eux, comme il est dit : “La justice, la justice tu poursuivras”» (Traité Péa, 8, 9). A contrario, nos Sages ont indiqué que quiconque est en droit de profiter de la charité mais s’en abstient, préférant vivre chichement, finira pas s’enrichir : «Et quiconque a besoin de se servir mais ne se sert pas ne mourra pas de vieillesse avant d’avoir fait vivre d’autres personnes de ses biens, et c’est à son propos que le texte dit : “Béni soit l’homme qui place son espérance en l’Eternel, car l’Eternel satisfera son espérance”».
La considération économique
Il est compréhensible qu’il y a une différence entre un particulier et un Etat, mais le principe de base veut que la profanation du Nom de l’Eternel existe lorsque l’Etat d’Israël nécessite une aide sans se mesurer par ses propres moyens à ses défis, au point d’avoir besoin d’une aide annuelle de 3.8 milliards par an.
De plus, le fait de toucher cette subvention a provoqué graduellement la fermeture de la plupart des usines d’armements israéliennes, à un point tel qu’en deux semaines, nous avons épuisé toutes nos munitions et sommes devenus dépendants d’un réapprovisionnement en provenance des Etats-Unis, sujet à des restrictions imposées par l’administration Biden, qui nous ont causé d’énormes difficultés. Toucher cette subvention nous a imposé des restrictions également sur le plan de notre installation dans notre pays. De la sorte, le joug de l’exil continue de peser sur nos épaules d’une certaine manière.
Le problème posé par cet argent que nous acceptons des Etats-Unis
En conséquence de tout ce qui précède, il ressort qu’il est interdit d’accepter la subvention américaine annuelle. En conclusion, tout en nous montrant reconnaissants envers les Etats-Unis qui nous ont soutenus dans la réalisation des saintes prophéties du retour d’Israël en ses frontières, il conviendrait de leur annoncer qu’à partir de l’année prochaine, nous cesserons de demander dorénavant des subventions, tout en sollicitant leur soutien sur la scène internationale.
Si nous avons le bon sens de le faire pendant le mandat de Trump, dont le soutien pour Israël est digne d’éloge, ce renoncement sera d’autant plus appréciable.



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