Il est évident qu’il est préférable de ne pas faire travailler des gens qui s’opposent à notre existence dans le pays, mais tant qu’aucune solution concrète n’aura été trouvée, il est interdit de stopper la construction de notre pays * Notre objectif est d’atteindre les deux millions d’habitants en Judée-Samarie ; les retards de construction risquent de nous rendre coupables de la faute des explorateurs * Dans les temps futurs, les nations voudront apprendre de nous comment les franges [tsitsit] incarnent la capacité d’insuffler la sainteté à la vie quotidienne * C’est une mesure louable que de vérifier les franges avant la bénédiction, bien qu’aujourd’hui il ne soit pas nécessaire de s’y attarder, s’il n’y a pas de crainte plausible de déchirure.
Au sujet de : la position des gouvernements d’Israël à travers les générations, se référant à l’avis des différents corps sécuritaires, pour qui il est important de donner du travail dans le bâtiment à des Arabes de Judée-Samarie. De l’opinion de beaucoup, cette position est erronée et s’aligne sur la conception qui a conduit à la terrible guerre et aux dysfonctionnements qui l’ont accompagnée. C’est pourquoi il convient pour tous ceux qui s’opposent à cette approche d’agir dans le sens d’une modification de la position du système sécuritaire et du gouvernement, mais cette action doit être menée sur le terrain politique et non pas en retardant la construction.
Question sur la construction dans les implantations juives
Question : J’ai compris, selon votre opinion, M. le Rabbin, qu’il faut construire en Judée-Samarie y compris avec des ouvriers arabes. Pourtant, nous savons bien qu’ils nous haïssent et nous font la guerre. Or, en les embauchant, nous renforçons leur emprise sur notre terre. Donc, les implantations qui refusent de les employer ont raison !
De plus, le seul argument en faveur du travail avec les Arabes n’est qu’une question d’argent, de réduction des coûts de la construction. Il faut donc que les rabbins éduquent le public afin qu’il surmonte sa cupidité, et soit prêt à payer le prix pour ne pas les faire travailler. En outre, dès qu’il ne sera plus possible de les employer, on trouvera des solutions innovantes pour faire baisser les prix, ce qui sera doublement bénéfique pour Israël.
Réponse : L’objectif de ceux qui veulent construire en Judée-Samarie est de renforcer notre installation sur notre terre et l’expansion de la présence juive le plus rapidement possible, or plus le prix augmente, moins il y a d’acheteurs, et forcément le processus d’installation ralentit. En outre, les ouvriers ne sont pas aujourd’hui suffisamment nombreux pour construire selon le rythme souhaité. Or bien qu’engager des Arabes hostiles renforce nos ennemis, notre puissance augmente davantage.
Il est compréhensible que l’on préfère donner du travail à ses frères, et certainement pas à des ouvriers qui s’opposent à notre présence ici. Mais le défi de la transformation des méthodes de construction et de l’identité des ouvriers relève des compétences du gouvernement d’Israël qui est le seul capable de le réaliser. C’est-à-dire qu’il y a dans le monde des centaines de milliers d’ouvriers qui seraient très heureux d’obtenir d’Israël un visa d’entrée et de venir travailler dans la branche du bâtiment. Si les obstacles sont levés, y compris les lois et amendements concernant les montants des salaires minimaux, il sera alors facile de promouvoir la construction rapide et de faire baisser les prix. Or la politique des différents gouvernements à travers les âges, sur la base des intervenants sécuritaires, consiste à favoriser l’embauche d’ouvriers arabes en provenance de Judée-Samarie. Nombreux sont ceux qui estiment que cette opinion est fautive, et qu’elle exprime la conception qui a conduit à cette terrible guerre et à tous les dysfonctionnements qui l’ont accompagnée. C’est pourquoi il faut que tous ceux qui contestent cette position agissent en vue d’un changement idéologique auprès des responsables des systèmes de défense et du gouvernement, ce qui ne peut passer que par un activisme politique et non pas par un ralentissement de la construction.
Il existe une autre méthode : perfectionner les méthodes de construction d’après l’expérience cumulée dans les différents pays en y ajoutant de l’innovation israélienne. Espérons que l’on trouvera des entrepreneurs à cet effet, sans pour autant ralentir entretemps le rythme de la construction qui doit être le plus rapide et le moins cher possible selon les données actuelles, en vue de notre installation dans le pays et afin de déjouer le grand danger d’un Etat ennemi au cœur de notre terre.
Se préserver de la faute des explorateurs
Ceux qui appellent au ralentissement de la construction doivent faire très attention de ne pas se fourvoyer, pas même par l’ombre de l’ombre de la faute des explorateurs. Car ces derniers n’avaient pas décidé d’être mécréants et de s’opposer à l’accomplissement du commandement de l’installation dans le pays ni de porter un grave préjudice au peuple d’Israël. Ils avaient un argument fort. La tentative de conquérir le pays risquait de mettre en danger la communauté d’Israël. Or, comme ils avaient été envoyés avec l’accord de D., ils parvinrent à la conclusion qu’il relevait de leur devoir de dissuader le peuple d’un attachement à une tâche au-dessus de ses forces.
Il en fut de même pour ceux qui ne s’étaient pas joints aux vagues de montée en terre d’Israël, il y a cent-vingt ans. Ils avaient aussi leurs arguments, comme de ne pas collaborer avec des laïcs, ou que la présence juive était contrainte de faire travailler des Arabes ou qu’elle était entièrement assujettie à une souveraineté étrangère ou à l’argent du baron.
Aujourd’hui encore, au sujet des chantiers qui emploient des Arabes, les arguments ne sont pas dénués d’un juste fondement, mais d’un point de vue général ils risquent de nous faire manquer l’objectif suprême de l’installation en terre d’Israël et du refoulement de nos ennemis. Les pressions sont encore très fortes contre l’Etat d’Israël, et si nous n’atteignons pas le plus rapidement possible le nombre d’au moins deux millions de Juifs en Judée-Samarie, nous ne réaliserons pas le commandement qui nous incombe.
Par ailleurs, il convient d’attirer l’attention sur un point supplémentaire. Souvent, ceux qui appellent à l’arrêt de la construction, ont déjà acheté des maisons à bon marché fabriquées par des ouvriers arabes. Et aujourd’hui, ils exigent de mettre un terme à cette construction, et de faire grimper de dizaines de pourcents les prix du logement pour les nouveaux habitants, sans que ça leur pose un problème de conscience. Il est déplacé de défendre une position qui exige de son prochain de payer plus cher, sans se proposer pour partager les coûts élevés.
Les franges des vêtements [tsitsioth] évoquent tous les commandements
Comme nous l’avons étudié dans le précédent passage du Tour, le commandement des franges exprime tous les autres commandements, sachant que leur finalité est de diriger l’homme dans la concrétisation de ses forces potentielles de la manière la plus juste et bénie. Le taleth, avec ses quatre angles, symbolise toutes les forces cachées en l’homme, et les franges qui en sortent et se répartissent en de nombreux fils, leur passage du niveau potentiel au niveau concret. C’est pourquoi le commandement des franges rappelle tous les autres, comme il est dit : «Et vous le verrez, et vous vous rappellerez tous les commandements de l’Eternel et vous les réaliserez» (Nombres 15, 39) ; comme l’ont dit nos Sages : «La vue rappelle le souvenir, et le souvenir porte à l’action» (Traité Menahot 43b). C’est-à-dire que la vue des franges rappelle tous les commandements, dont la finalité est d’exprimer les forces potentielles de l’homme et de les concrétiser.
De Noé et d’Abraham
Nos Sages s’interrogent : D’où provient le mérite d’Israël de revêtir ce noble vêtement qu’est la frange ? Ils répondent : de Sem fils de Noé, car lorsque Noé s’enivra et se dégrada, Sem et Japhet sont allés couvrir leur père pour mettre un terme à son humiliation. L’Eternel s’acquitta du salaire dû à Sem et ses descendants, en leur accordant le commandement de la frange, qui est noble et prestigieux dans ce monde-ci et dans le monde futur (Michnat Rabbi Eliézer 14). Quant à Japhet, qui fit montre de moins d’empressement dans l’embellissement de cette bonne action, son attitude fut fort utile pour ses descendants qui obtinrent une digne sépulture sans que leur corps fût dégradé (Béréchit Raba 36, 6).
D’autres disent qu’ils ont mérité les franges grâce à Abraham Avinou, qui a sauvé les gens de Sodome des quatre rois, en refusant de récupérer à son compte leurs biens, déclarant refuser : «d’un fil à un lacet de soulier» (Genèse 14, 23). C’est pour cela que ses fils méritèrent ce grand honneur exprimé par les fils des franges (id. et traité Sotta 17a).
Noé fut un précurseur en exprimant concrètement les forces des soixante-dix nations, et Abraham fut un précurseur en concrétisant les forces d’Israël, c’est pourquoi, par leur mérite, Israël a obtenu le commandement des franges.
Un message pour les peuples
L’idée révélée par les franges, qui veut que les commandements concrets aident Israël à réaliser son potentiel de forces, est porteuse d’un message pour toutes les nations. C’est le sens des paroles de nos Sages : «Quiconque est attentif aux franges aura le mérite d’être servi par deux mille huit cents esclaves, comme il est dit (Zacharie 8, 23) : “Ainsi parle l’Eternel Cebaoth : ‘En ces jours-là, quand dix hommes de toutes les langues des nations s’accrocheront au pan d’un homme juif en disant : Allons avec vous, car nous avons entendu que l’Eternel est avec vous’”» (Traité Chabbat 32b). À chaque pan de vêtement s’accrochent dix personnes de chacune des soixante-dix nations, soit sept cent par pan, donc deux mille huit cents par personne.
Il n’est pas question d’esclaves dans un sens dégradant, mais de gens qui comprennent que sans le guidage de la Torah, l’homme s’assujettit aux chaînes de ce monde-ci, sans possibilité de concrétisation des forces cachées en l’homme et dans le monde. Ils veulent se rattacher à qui peut leur apprendre comment exprimer concrètement leurs talents et obtenir une bénédiction pour eux-mêmes et pour leurs nations (d’après le Maharal, Hidouché Aggadoth Mena’hot 43b ; Ein Aya Chabbat B, 221).
On peut ajouter que l’émerveillement des nations pour le commandement des franges d’Israël, qui s’applique à un banal vêtement que tous doivent porter, s’élève pour Israël au rang de la sainteté, ce qui est un immense message, à savoir que toute la vie routinière peut s’élever au rang de la sainteté.
Est-il obligatoire de bien séparer les fils des franges ?
Nos Sages disent (Traité Menahot 42a), que les fils des franges doivent être séparés. Le Tour explique (8, 7), que le nom tsitsit indique que les fils sont séparés. Mais dans le cas contraire, l’accomplissement du commandement reste valable. De ce fait, le Roch écrit : «Celui qui craint la parole de l’Eternel contrôlera ses franges avant de s’en envelopper, afin de ne pas prononcer une bénédiction en vain» (lois des franges 20). C’est aussi le verdict du Choulhan Aroukh : «Avant la bénédiction, il examinera les fils des franges s’ils sont valables, afin de ne pas bénir en vain» (Orah Haïm 8, 9). Certains disent que l’intention de ce contrôle entre dans la réalisation du commandement en soi (Michna Beroura 22).
Néanmoins, tout ceci est une mesure de piété, car les franges sont réputées non affectées d’une déchirure invalidante (voit Touré Zahav 8, 8 ; Maguen Abraham 8, 19). Cependant, actuellement, chez la plupart des gens, les fils ne se déchirent pas sans qu’on s’en aperçoive, donc ils n’ont pas besoin de les contrôler avant la bénédiction.
En revanche, si quelqu’un soupçonne qu’un facteur ait pu provoquer la déchirure des fils de ses franges, il les vérifiera immédiatement pour s’assurer qu’ils sont restés valables. Il en est de même pour quelqu’un dont les franges se sont déchirées sans qu’il y prête garde, pour celui qui effectue un travail comportant ce risque, ou pour des soldats ayant suivi des entraînements ou pris part à des combats. Il est bon de les vérifier chaque jour avant la bénédiction.



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